Dans Don’t Look Up, deux astronomes découvrent qu’une comète va percuter la Terre dans 6 mois. Ils ont tout : les données, les calculs, la certitude. Ils vont à la télé pour prévenir tout le monde. Mais c’est une cata : les présentateurs plaisantent, le plateau rigole et la une du lendemain parle de la vie amoureuse d’une pop star.
Ton portefeuille vit exactement le film inverse et c’est important que tu en aies conscience.
Quand les marchés chutent, personne ne minimise. Tout le monde surjoue. C’est la fin du monde. Tout va s’écrouler, blablabla.
Les chaînes d’info passent en édition spéciale, ton fil LinkedIn se remplit d’experts en apocalypse et ton tonton te conseille de tout mettre à l’abri.
La comète boursière, elle, a des millions de commentateurs qui hurlent de regarder en l’air.
Et pourtant, la bonne stratégie est la même dans les deux cas : ignorer ce qui se dit à la télé et regarder les données.
Aujourd’hui, on va parler de crise, de peur et de bons réflexes.
Le plan du jour
Baisse des marchés : pourquoi un krach boursier est inévitable ?
Historique de la Bourse : faut-il vendre ou investir pendant la chute ?
Médias et Bourse : le piège de la panique financière
Fear and Greed Index : comment mesurer la peur sur les marchés ?
Stratégie d'investissement : 3 étapes pour survivre à un krach
Psychologie de l'investisseur : comment surmonter le biais de récence ?
Créer son plan d'investissement pour affronter la prochaine crise
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Baisse des marchés : pourquoi un krach boursier est inévitable ?
Voilà ce que les plateaux télé ne diront jamais, parce que ça tuerait l’audience : la chute des marchés n’est pas un événement exceptionnel.
C’est le fonctionnement normal du système. Tout comme les saisons, il y a des tempêtes de neige et des canicules, c’est inévitable.
Quand on regarde les données de la Bourse sur les 100 dernières années, on voit :
Une correction (-10% ou plus) arrive environ une fois par an. La plupart sont digérées en quelques semaines à quelques mois.
Un bear market (-20% ou plus) arrive environ tous les 3 à 4 ans. Il y en a eu 24 depuis 1929, avec une chute moyenne de -36%.
Et malgré tout ça : depuis 1928, 73% des années ont fini dans le vert. Presque trois années sur quatre.
Ça signifie que si tu investis pendant 30 ans, tu vas traverser environ 7 ou 8 krachs. Ce n’est pas un scénario pessimiste. C’est la même chose pour tout le monde. La comète fait partie du jeu, comme l’hiver fait partie de l’année.
Historique de la Bourse : faut-il vendre ou investir pendant la chute ?
Deuxième chose que le plateau télé ne montrera jamais : ce qui se passe après. Parce que oui, ils parlent fort quand ça plonge mais tu n’en entends plus parler du jour au lendemain.
Et pourtant, sur près d’un siècle, krachs compris, guerres comprises, pandémie comprise, le marché actions américain a rapporté environ 10% par an en moyenne. Le Covid a fait chuter le S&P 500 de -34% en 5 semaines début 2020 : 5 mois plus tard, l’indice était revenu à son sommet.
Même schéma le 11 septembre 2001 : -11,6% la semaine de la réouverture, niveau d’avant-attentat retrouvé en un mois.
Mais le chiffre le plus important est celui-ci, et je te demande de le retenir :
78% des meilleures journées de Bourse ont lieu pendant un marché baissier ou dans les deux premiers mois du rebond.
Retiens le bien. Les meilleures journées ne se produisent pas quand tout va bien. Elles se produisent au cœur du chaos, précisément au moment où celui qui a paniqué vient de vendre. C’est pour ça que sortir en attendant que ça se calme est le piège parfait : quand tu te sentiras assez rassuré pour revenir, le rebond aura eu lieu sans toi.
Médias et Bourse : le piège de la panique financière
Dans le film, les présentateurs du Daily Rip ont une devise : les mauvaises nouvelles, on les garde légères. Leur métier n’est pas d’informer, c’est de retenir l’attention.
Et quand tu comprends ça, tu ne regardes plus les médias de la même manière.
En finance, la même logique produit l’effet exactement inverse : la peur retient mieux que le calme, alors on la met partout.
Un krach, pour une chaîne d’info, c’est un scénario en or : bandeau rouge, compteur qui défile en direct, experts au visage grave, édition spéciale.
Aucun de ces éléments ne t’apprend quoi que ce soit d’utile pour ton portefeuille.
3 choses à comprendre sur cette machine infernale :
Son horizon n’est pas le tien. L’unité de temps d’un plateau télé, c’est l’audience du soir. La tienne, c’est 10, 20, 30 ans. Vous n’avez pas le même objectif.
La symétrie n’existe pas. Personne ne déclenche d’édition spéciale quand le marché reprend 0,8% dans le calme. La hausse lente ne fait pas d’audience. C’est pourtant elle qui construit ton patrimoine.
Une info qui ne change pas ton plan n’est pas une info. C’est du bruit.
Et le bruit diffusé en boucle finit par ressembler à un signal.
Le film montre des médias qui minimisent une vraie catastrophe.
Les chaînes financières font l’inverse : elles maximisent des événements statistiquement banals.
Dans les deux cas, le remède est identique : arrêter de regarder le plateau, trouver un instrument de mesure.
Fear and Greed Index : comment mesurer la peur sur les marchés ?
Ça tombe bien, l’instrument existe et il est gratuit.
Il s’appelle le Fear & Greed Index (indice peur et avidité).
C’est une jauge qui va de 0 à 100 : sous 25, peur extrême et au-dessus de 75, euphorie.
Ce qui la rend précieuse, c’est qu’elle ne mesure pas des opinions, elle mesure des actes.
7 indicateurs de comportement réel des investisseurs dont la volatilité, les achats d’options de protection, la fuite vers les obligations d’État et la demande d’actifs refuges. Le plateau télé te dit ce que les gens racontent, ce qui attire l’attention et vend des gros titres.
La jauge te montre ce qu’ils font avec leur argent.
Le 12 mars 2020, en pleine panique Covid, la jauge est tombée à 2 sur 100.
Deux.
Avec le recul, ces journées de terreur absolue comptent parmi les meilleurs points d’entrée de la décennie.
Warren Buffett (un investisseur très célèbre) résume ça depuis 50 ans S
Sois craintif quand les autres sont avides et avide quand les autres sont craintifs.
La jauge mesure littéralement les autres.
Attention, petit disclaimer. Ce n’est pas une boule de cristal, c’est un miroir.
Perso, j’ai adopté 2 réflexes :
Quand tout le monde crie et que tu veux vendre, regarde la jauge. Si elle affiche une peur extrême, ta peur n’est pas une analyse : c’est celle des millions de personnes qui vendent en même temps que toi, au pire moment. Historiquement, ces zones ont bien plus souvent été des points d’achat que des points de vente.
Ne t’en sers jamais pour tenter le grand coup. Tout vendre à l’euphorie ou/et tout miser à la panique. Ton plan reste le pilote, toujours. La jauge sert à une seule chose : vérifier si c’est le marché qui a un problème ou si c’est juste ton fil d’actu.
Stratégie d'investissement : 3 étapes pour survivre à un krach
Alors concrètement, la prochaine fois que le monde brûle sur toutes les chaînes, voilà le protocole. Il tient en 3 étapes simples et c’est son principal mérite.
Étape 1 : Ne pas vendre à perte pour éviter la perte nette.
Ne rien faire est une décision et statistiquement, c’est souvent la meilleure. Vendre pendant la chute, c’est transformer une perte sur écran en perte définitive.
Avec un bonus fiscal amer si tu vends dans un PEA de moins de 5 ans : retrait = clôture du plan et tes gains partent à la flat tax de 31,4%.
Étape 2 : Continuer ses investissements réguliers (DCA)
Si tu investis 150 € par mois en DCA, la baisse joue pour toi : le même virement achète plus de parts. C’est les soldes en quelques sortes. La Bourse est le seul magasin au monde dont les clients fuient quand les prix baissent. Etrange non ?
Étape 3 : Sécuriser son épargne de précaution
Ton matelas de sécurité (6 à 12 mois de dépenses) est-il en place ? Ton argent investi est-il de l’argent dont tu n’as pas besoin avant 10 ans ? Si oui, ferme l’application. Si non, c’est ça ton vrai chantier, pas la comète.
Ce que le protocole interdit : les stop-loss “de sécurité” et les sorties “temporaires”. Les données sont brutales là-dessus : la grande majorité des sorties de panique ratent le rebond.
Et pendant toute la durée de la comète, régime médiatique strict : zéro édition spéciale, un point chiffré par semaine maximum, la jauge de peur si tu veux un thermomètre. Tu ne rateras rien d’important.
Si tu as du mal à te sortir de la spirale psychologique, appelle un ami, sors ton chien, fais une activité sans écran.
Et si c’était vraiment la fin du monde, ton portefeuille serait le cadet de tes soucis.
Psychologie de l'investisseur : comment surmonter le biais de récence ?
Pourquoi une semaine de chute nous paraît toujours être le début de la fin alors qu’on a survécu à toutes les précédentes ?
C’est le biais de récence : ton cerveau surpondère massivement l’information la plus fraîche et la plus émotionnelle.
Trois jours de rouge pèsent plus lourd dans ta tête que 30 ans de courbe ascendante.
Le plateau télé de Don’t Look Up fonctionne exactement sur ce carburant : l’urgence permanente efface la perspective.
3 hacks pour t’en protéger :
Dézoome physiquement. Ouvre le graphique de ton indice sur 30 ans, pas sur 30 jours. Chaque “fin du monde” passée y est devenue une petite encoche dans une pente qui monte.
Coupe les notifications de ton appli d’investissement. Personne n’a besoin de connaître la valeur de son portefeuille toutes les 4 heures. Un vrai investisseur long terme peut se contenter d’un rendez-vous par trimestre.
Applique la règle des 48 heures. Aucune vente sous le coup d’une actualité. Si la décision est bonne, elle sera encore bonne après-demain. Si elle ne survit pas à 48 heures de recul, c’était une réaction, pas une décision.
Créer son plan d'investissement pour affronter la prochaine crise
Dans le film, quand la comète devient visible à l’œil nu, il est trop tard pour convaincre qui que ce soit. Ton portefeuille obéit à la même loi : un plan de crise écrit pendant la crise n’est pas un plan, c’est une réaction en panique avec de la mise en page.
C’est important d’avoir un plan en place avant l’annonce de la prochaine crise.
Niveau débutant : affiche le graphique d’un indice mondial sur 30 ans et repère 2008, 2020 et 2022. Constate où en est la courbe aujourd’hui. C’est ta photo de rappel pour les mauvais jours. Imprime la au besoin.
Niveau intermédiaire : écris noir sur blanc, dans une note de téléphone, ta réponse à cette question : “Si mon portefeuille fait -25% le mois prochain, qu’est-ce que je fais ?” Réponds à froid, aujourd’hui, pendant que tout va bien. Si la réponse est vendre, c’est que tes investissements sont trop risqués et qu’il faut revoir ta stratégie.
Niveau expert : automatise complètement ton DCA (virement + investissement programmés) et définis à l’avance une règle de renfort du type “si -20%, j’ajoute l’équivalent d’un versement en plus”. Le pilote automatique ne panique jamais.
La comète médiatique finit toujours par passer. La vraie question n’est pas de savoir si les marchés vont rechuter un jour (ils vont rechuter, c’est sûr à 100%), mais de savoir si, ce jour-là, tu écouteras le plateau télé ou ton plan.
L’un des deux hurle. L’autre travaille pour toi depuis le début.
À dimanche prochain !
Merci 🫶🏼 de m’avoir lu une nouvelle fois.
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Hasta luego amigo !

