Dans Squid Game, 456 personnes endettées acceptent de jouer à des jeux d’enfants pour 45,6 milliards de wons (27M€).
Chaque personne croit participer à une compétition juste : mêmes règles pour tout le monde, que le meilleur gagne. C’est le mensonge central de la série.
Le jeu a été écrit par des gens qui parient sur les joueurs comme sur des chevaux de course, qui s’enrichissent et se divertissent de leur massacre et qui savent dès le départ qui va mourir. Le joueur mise sa vie. L’organisateur mise pour le plaisir.
La crypto, pour beaucoup, c’est le même plateau. Tu crois entrer dans un marché ouvert et équitable. En réalité, sur l’immense majorité des projets, tu es le joueur, pas l’organisateur. Et l’organisateur est déjà de l’autre côté de la vitre.
Voilà le message de cette newsletter, et si tu ne retiens qu’une phrase, retiens celle-là : la crypto n’est pas un investissement que tu subis, c’est un jeu dont tu n’écris pas les règles. Ton seul avantage n’est pas de deviner le prochain gagnant, c’est de refuser d’être le perdant que le jeu attend.
On va donc faire ce que les joueurs de la série n’ont jamais pu faire : lire les règles avant de jouer. Sans morale et sans promesse. Juste pour que tu décides en connaissance de cause si tu entres, à quelle mise, ou si tu passes ton tour.
Le plan du jour
La tirelire au plafond : la psychologie derrière l'investissement crypto
Les organisateurs de l'ombre : manipulation de marché et arnaques crypto (Rug pull)
Le biais du survivant en crypto : pourquoi tu ne vois que les gagnants
Un, deux, trois, soleil : comprendre et gérer la volatilité des cryptomonnaies
Le pont de verre : pourquoi Bitcoin et Ethereum sont (presque) les seuls projets fiables
Startup ou arnaque ? Comment analyser un projet crypto avant d'investir
Le jeu des billes : quelle part de son patrimoine allouer à la crypto ?
Ce que le Front Man prélève : comprendre la fiscalité crypto en 2026
Le droit de ne pas jouer : ta stratégie d'investissement et ton plan d'action
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La tirelire au plafond : la psychologie derrière l'investissement crypto
Commençons par être honnête : si la crypto fascine, ce n’est pas pour la technologie. C’est pour les histoires et elles sont vraies.
Chaque année, la crypto fabrique des millionaires en série.
Fin 2025, on comptait environ 241 700 millionaires en crypto dans le monde, dont près de 69 000 apparus sur les douze derniers mois.
Il y a Kristoffer Koch, ce Norvégien qui a acheté pour quelques dollars de bitcoins en 2009, les a complètement oubliés, puis les a retrouvés quelques années plus tard : de quoi s’offrir un appartement.
Il y a les jumeaux Winklevoss, qui ont misé 11 millions de dollars en 2013 et sont devenus milliardaires.
Et il y a tous ceux qui ont fait x100 et qui te le rappellent tous les jours.
Dans Squid Game, les joueurs dorment sous une tirelire transparente qui se remplit à chaque manche. Ils voient les billets s’entasser au plafond mais ils ne voient pas le prix payé pour les remplir.
Tous ceux qui ont acceptés ce jeu sont des gens écrasés par les dettes, qui se sentent exclus et qui ont l’impression que la vie normale ne leur laissera jamais leur chance. Le jeu ne recrute pas des gens tranquilles. Il recrute ceux qui pensent n’avoir aucune autre porte de sortie.
La crypto vend exactement ça : un raccourci, à ceux qui sont le plus tentés de courir.
Le désir n’est pas le problème. Vouloir accélérer son patrimoine est légitime. Le problème, c’est de jouer sans savoir qui a écrit les règles.
Alors commençons par le début : qui est de l’autre côté de la vitre ?
Les organisateurs de l'ombre : manipulation de marché et arnaques crypto (Rug pull)
Le vrai sujet de Squid Game, ce ne sont pas les jeux.
Ce sont les VIP masqués qui les regardent en sirotant leur verre.
Le twist de la saison, c’est le joueur 001. Le vieux est en réalité l’un des créateurs. L’homme le plus riche joue en secret parce que "regarder ne l’amuse plus.
L’initié suprême est indiscernable d’un joueur désespéré, jusqu’à ce que le masque tombe.
En crypto, ces organisateurs ont un nom : les créateurs d’un projet, les initiés qui détiennent la majorité des jetons avant toi, les faiseurs de marché, les influenceurs payés pour te faire entrer. Beaucoup regardent les gens acheter en sachant déjà comment ça finit, puis partent avec le butin. Ce ne sont pas des légendes, ce sont des faits datés et chiffrés.
Le cas le plus limpide porte carrément le nom de la série. En 2021, un token appelé Squid Game surfe sur le succès de la série. Le prix s’envole en quelques jours, jusqu’à 2 861$ l’unité puis les créateurs exécutent ce qu’on appelle un rug pull (tirer le tapis sous tes pieds).
Ils ont vidé d’un coup les fonds bloqués dans le token et disparaissent en laissant les jetons des autres sans la moindre valeur. Le prix passe de 2 861$ à 0$ en 5 minutes. Les créateurs sont partis avec environ 3,4 millions de dollars en poche.
En face, des milliers de personnes ont perdu leur mise.
Le nom aura dû leur mettre la puce à l’oreille ^^
Plus fort, plus grave et plus récent, le cas d’école de LIBRA.
En février 2025, le token LIBRA voit le jour et derrière la vitre, il y a un sacré casting. Chacun d’entre eux avait à y gagner :
Javier Milei, président argentin, 3,8 millions d’abonnés : il poste l’annonce qui donne au token une crédibilité instantanée, puis efface son message quelques heures plus tard.
Hayden Davis (Kelsier Ventures), l’architecte du lancement : il reconnaîtra contrôler plus de 100 millions de dollars liés au projet. On le retrouve aussi derrière les tokens TRUMP et MELANIA.
Mauricio Novelli et Manuel Terrones Godoy (Tech Forum Argentina) : les organisateurs des conférences qui ont mis Milei en relation avec le projet et à l’origine de l’idée.
Des influenceurs crypto, payés en jetons LIBRA pour pousser le token auprès de leurs audiences sans le préciser.
Karina Milei, la sœur du président, citée dans l’enquête qui a suivi.
Le point commun ? Chacun tenait un bout du jeu et gagnait en poussant les autres à miser. L’analyse de la blockchain le confirme : 84% de l’offre étaient tenus par 3 portefeuilles liés à l’équipe.
La valeur grimpe jusqu’à 4,5 milliards de dollars, puis s’effondre de plus de 90% en quelques heures.
Les initiés sortent avec 80 à 100 millions de dollars. Les autres n’ont pas eu de chance. Ils tenaient les cartes depuis le début et ont regardé les autres miser.
Et le pire, c’est que LIBRA n’a rien d’exceptionnel. 2025 a été l’année où les puissants ont compris qu’ils pouvaient ouvrir un casino à leur nom. Donald Trump lance son token TRUMP la veille de son investiture : les acheteurs sont aujourd’hui en perte de près de 3,8 milliards de dollars (moins 98% depuis le pic) pendant que ses entités de Trump on encaissé des centaines de millions de dollars de frais.
Le président centrafricain a fait grimper son token à près de 900 millions de dollars en 2h, avant l’effondrement.
Côté célébrités, même recette : Kim Kardashian a écopé d’une amende de 1,26 million de dollars pour avoir vanté une crypto payée 250 000 dollars sans le dire et le token de la « Hawk Tuah girl » a perdu la moitié de sa valeur en 20 minutes, avec 96% de l’offre aux mains des initiés.
Toujours le même scénario : une figure connue prête sa crédibilité, les initiés tiennent l’offre, la foule mise et le jeu se referme. Mais tout ça n’est même pas qu’une affaire de célébrités.
En 2022, Terra/Luna, un projet du top 10 mondial, efface près de 40 milliards de dollars en une semaine. Sur la seule année 2024, plus de 500 millions de dollars sont partis en rug pulls de memecoins, souvent via des comptes de célébrités piratés. En 2025, ce sont 2,8 milliards de dollars partis en rug pulls.
Et pendant ce temps, plus de 5 000 nouveaux tokens sont créés chaque jour en 2026. C’est comme s’il y avait 5 000 nouvelles parties de Squid Game lancées par jour et la maison sait déjà qui va y rester.
Reste une question : si c’est un tel massacre, pourquoi les gens continuent d’entrer ?
Parce que le jeu montre toujours un gagnant. Un seul.
Le survivant n’est pas un accident, c’est le rouage indispensable de la machine.
Sans un Gi-hun qui brandit son chèque, personne ne rejouerait.
Le gagnant unique est l’appât qui recrute la vague suivante, y compris ceux qui avaient laissé passer leur tour.
C’est exactement le piège mental qu’on va démonter maintenant.
Le biais du survivant en crypto : pourquoi tu ne vois que les gagnants
C’est le biais de cette newsletter et la crypto est son terrain de jeu préféré.
Le biais du survivant, c’est notre tendance à ne regarder que ceux qui ont réussi.
Ce sont les seuls qui restent car les autres ont disparu de l’écran.
Dans Squid Game, 456 joueurs entrent, un seul sort avec l’argent.
Si Netflix ne filmait que Seong Gi-hun en train de toucher son chèque, tu trouverais le jeu très rentable.
C’est exactement ce que fait ton fil d’actu avec la crypto. Celui qui a fait x100 poste ses captures d’écran. Les 455 qui ont acheté au sommet, vendu au plancher ou perdu leurs accès ne postent rien.
Ton cerveau en conclut que gagner est la norme alors que tu ne vois que les morts laissés sur le bas côté.
Ton fil d’actu te montre les 69 000 nouveaux millionaires et il efface les portefeuilles à zéro. Le survivant te dira même que son chemin était le bon sauf que son chemin n’a l’air malin qu’après coup, tracé par tous ceux qui sont tombés en cherchant les pièges.
3 réflexes pour t’en protéger :
Cherche les morts. Avant d’investir, demande-toi qui a perdu sur cet actif et pourquoi. Si tu ne trouves que des success stories, c’est que tu regardes un plateau de télé, pas un marché.
Inverse la question. Ne demande pas “combien je peux gagner ?” mais “si ça fait -80%, qu’est-ce que ça change dans ma vie ?”. Ta réponse définit ta mise maximale.
Méfie-toi des tirelires transparentes. Plus le gain potentiel est mis en avant, moins le risque est visible. C’est un choix de mise en scène, pas une information.
Un, deux, trois, soleil : comprendre et gérer la volatilité des cryptomonnaies
Le premier jeu de la série met en scène la poupée géante jouant à un, deux, trois, soleil. Quand elle chante, tout le monde avance. Quand elle se retourne, tout le monde se fige. Ceux qui ont le malheur de bouger au mauvais moment sont éliminés.
La volatilité crypto fonctionne pareil (avec une différence) : la poupée se retourne beaucoup plus souvent à un rythme aléatoire.
Pour te donner un ordre de grandeur : un krach boursier, c’est -35% en moyenne. Le Bitcoin, l’actif crypto le plus sage a perdu plus de 75% de sa valeur à 4 reprises depuis 2011. Les cryptos plus petites font régulièrement -90% quand elles ne disparaissent pas complètement.
Ceux qui se font éliminer ne sont pas ceux qui détiennent de la crypto. Ce sont ceux qui bougent au mauvais moment : achat en pleine euphorie, vente panique dans la chute ou des allers-retours permanents entre les deux.
Si tu décides de jouer sans être un expert, la seule posture qui tienne est celle du joueur figé. Une somme définie à l’avance avec un rythme régulier (le DCA, comme pour tes ETF) et zéro mouvement quand la poupée se retourne.
Si tu sais que tu paniqueras à -75%, la partie n’est pas pour toi et c’est une information précieuse à connaître avant d’entrer.
Le pont de verre : pourquoi Bitcoin et Ethereum sont (presque) les seuls projets fiables
Un autre jeu de la série : le pont de verre. Le principe est simple. Tu dois traverser un pont de verre. Certaines dalles de verre sont solides, d’autres vont se briser sous ton poids. Le chemin sûr est tracé par les chutes de tes prédécesseurs.
Si on applique ce jeu au marché crypto, c’est dire que ce pont-là compte plus de 20 000 dalles et 2 seulement ont été franchies assez de fois pour qu’on sache qu’elles tiennent.
Bitcoin existe depuis 2009, 17 ans et pèse à lui seul autour de 1 260 milliards de dollars. Sa raison d’être tient en une phrase : personne ne le contrôle. Son offre est plafonnée à 21 millions d’unités, inscrite dans le code, impossible à modifier même si tu t’appelles Trump ou Musk. C’est une réserve de rareté qu’aucun gouvernement ne peut imprimer ni confisquer.
Ethereum existe depuis 2015, 11 ans et pèse autour de 215 milliards de dollars. Son but n'est pas l'argent, c'est d'offrir une plateforme mondiale où n'importe qui peut construire une application qui fonctionne sans autorité centrale, ni intermédiaire. Le cœur, c'est le contrat intelligent. C’est un distributeur automatique. Quelqu’un l’a construit et à mis des cannettes dedans. Toi, tu mets la pièce, la canette tombe, la machine applique la règle toute seule, sans vendeur et sans confiance à accorder à personne.
Ethereum étend ce principe à tout : des applis, des jeux, de l'art, des outils d'échange, des systèmes de vote qui tournent exactement comme programmés et que personne ne peut ni censurer ni éteindre. Tu n'achètes pas une rareté comme le Bitcoin, tu achètes le carburant de cette machine.
Ces deux dalles ont survécu à tous les hivers crypto. Ça ne garantit rien pour la suite, personne ne le peut mais ce sont les seules avec un vrai historique.
C’est là qu’il faut changer de regard.
Acheter une crypto sérieuse, ce n’est pas jouer au loto. C’est entrer au capital d’une startup, une entreprise avec un objectif et un projet tangible. Tu paries sur une technologie et sur une équipe, pas sur un numéro.
Sauf que, comme pour les startups, la vérité statistique est brutale : la grande majorité meurent. Tu n’entends parler que des licornes, jamais du cimetière.
Le biais du survivant, encore lui.
La question devient donc : comment reconnaître une startup qu’on peut soutenir d’un jeu où on va se faire massacrer ?
Startup ou arnaque ? Comment analyser un projet crypto avant d'investir
Les analystes sérieux ne sentent pas un projet, ils le passent au crible, ils l’analysent, ils le décortiquent. Voici leur méthode, en mode simplifier pour éliminer 90% des mauvais projets. C’est une méthode en 2 parties. La première vérifie qu’il y a un projet. Le seconde vérifie qu’on n’est pas en train de te piéger.
Étage 1 : est-ce que ça a une raison d’exister ?
Quatre questions. Une seule réponse floue, et tu passes ton chemin.
À quoi ça sert vraiment ? Un usage réel, pas une promesse. Bitcoin sert de réserve rare, Ethereum fait tourner des applications. Si la réponse est “ça va monter”, ce n’est pas un usage, c’est un jeu basé sur de l’espoir.
Qui la contrôle ? Personne, une fondation, une entreprise, ou trois portefeuilles ? Plus c’est concentré, plus tu es à la merci de quelqu’un.
Depuis combien de temps ça survit ? A-t-elle traversé un hiver crypto entier ? Un projet de 6 mois n’a rien prouvé du tout.
Qui tient l’offre ? Si les initiés en détiennent l’essentiel, tu connais déjà la fin de l’histoire. C’est la même paterne classique de l’arnaque.
Étage 2 : les 5 drapeaux rouges
Si l’un de ces drapeaux se lève, méfiance. Si deux se lèvent, fuis.
L’offre est concentrée. Règle des analystes : si les 10 plus gros portefeuilles détiennent plus de 40% de l’offre (ou un seul portefeuille d’équipe plus de 5%), tu es le dernier maillon. Souviens-toi de LIBRA : 84% sur 3 portefeuilles.
L’équipe est anonyme ou infalsifiable. Photos de banque d’images, aucun historique, pas un nom à qui demander des comptes quand la caisse disparaît.
On te promet un rendement et on te presse. Achète avant qu’il soit trop tard pour pousser ton FOMO est le pire signal. C’est une mise en scène. L’urgence n’est jamais une information.
La hype est achetée. Plusieurs influenceurs qui poussent en même temps sans communauté réelle. Rappelle-toi que la plupart de ces arnaques passent par des comptes gonflés ou piratés.
Le prix a flambé verticalement. Une montée en ligne droite en quelques heures n’est pas une bonne nouvelle, c’est la signature du gonflage avant l’effondrement. C’est surtout un signe que ce n’est pas le meilleur moment pour investir.
Pour aller plus loin, les plus aguerris vérifient aussi que la liquidité est verrouillée et que le code a été audité (des outils gratuits comme RugCheck le font en un clic).
Applique la grille à la liste des gros projets, et tu vois tout de suite que gros ne veut pas dire sûr :
BNB (l’écosystème Binance) est énorme et ancien, mais sa faille saute à la question 2 : une seule entreprise le contrôle, avec ses propres ennuis réglementaires.
XRP existe depuis 2012 et sert aux paiements entre banques mais son offre est concentrée et son histoire est faite de longues batailles juridiques.
Solana est une plateforme rapide et bien réelle, mais c’est aussi la plateforme où se déroulent le plus de rug pulls. LIBRA était sur Solana. Il faut rester vigilant.
Les stablecoins (USDC, USDT) sont un cas à part : ce n’est pas un pari de gain, c’est le cash pour entrer et sortir. Leur seule vraie question, c’est quelles réserves ? USDC, régulé en Europe, est plus transparent qu’USDT.
Et le contre-exemple mortel a un nom : l’UST, c’était le stablecoin de Terra, qui reposait sur un simple algorithme et a effacé 40 milliards de dollars. Un stablecoin n’est solide que par ses réserves.
La vraie fonction de ce détecteur, c’est d’éliminer l’évidence. La plupart des projets ne passent pas l’étage 1 et si tu n’as ni le temps ni l’envie de faire tout ce travail toi-même, la conclusion coule de source : tu n’as rien à faire au-delà des deux dalles testées (BTC & ETH). Ce n’est pas un manque d’ambition, c’est de la lucidité sur le nombre de pièges.
Le jeu des billes : quelle part de son patrimoine allouer à la crypto ?
L’épreuve des billes est la plus cruelle de la série : chaque joueur mise ses billes et celui qui n’en a plus est éliminé. La leçon tient en une phrase : ne mise jamais ce dont tu as besoin pour rester en vie.
Voilà les règles d’allocation, elles sont peu nombreuses et non négociables.
Règle 1 : le matelas d’abord. Tant que ton épargne de précaution (6 mois de dépenses minimum) n’est pas en place, ton allocation crypto doit être à zéro. Pas de discussion. On ne joue pas ses billes de survie.
Règle 2 : la crypto est un satellite, jamais le cœur. Le cœur de ton patrimoine, c’est le monde diversifié (ETF, immobilier, fonds euros selon ton profil). La crypto s’ajoute en périphérie : jusqu’à 5% de ton patrimoine investi pour la plupart des gens, 10% grand maximum si tu es expérimenté et que ta situation est très solide.
Règle 3 : la mise doit pouvoir mourir. Le montant investi doit être une somme que tu peux voir faire -80% sans vendre et sans que ça touche un seul de tes projets de vie. Si ce montant est zéro, zéro est ta réponse.
Règle 4 : jamais de levier. Pas d’argent emprunté, pas de produits à effet de levier, pas de trading. Sur un actif qui fait -75% régulièrement, le levier ne fait pas gagner plus vite, il fait éliminer plus vite.
Règle 5 : la sécurité fait partie de la mise. Plateforme européenne régulée (réglementation MiCA), double authentification, et au-delà de quelques milliers d’euros, réfléchis à un portefeuille physique. L’histoire crypto est pleine de gens qui avaient raison sur le marché et qui ont tout perdu sur la sécurité.
Pourquoi 5 à 10% maximum ? Parce qu’à ce niveau, le scénario catastrophe (tout à zéro) est absorbable : ton plan de vie ne bouge pas.
Le scénario rêvé (un x10) change quand même ta trajectoire. C’est la seule taille de mise qui te laisse gagner dans les deux mondes.
Perso, j’ai de la crypto, autour de cette fourchette de 5 à 10%. Mais je ne vise pas le x100. J’y crois pour la technologie et j’ai envie de soutenir des projets auxquels je crois, un peu comme on entre au capital d’une startup. Le gain d’argent, c’est le bonus, ce n’est pas mon moteur. Si c’est le tien, aucun souci mais alors comporte-toi en business angel, pas en joueur de poker. Le capital que tu peux perdre, conviction, et vérification. Tu n’es pas un parieur.
Le vieux joueur Il-nam le dit lui-même en fin de série : il a rejoint le jeu parce que regarder ne l’amusait plus. Le frisson n’est pas une stratégie d’investissement. Si tu joues, joue petit et pour de bonnes raisons.
Ce que le Front Man prélève : comprendre la fiscalité crypto et la flat tax en 2026
Dans la série, l’organisation prélève sa part quoi qu’il arrive. Le fisc français aussi. Alors autant connaître ses règles avant de vendre.
La flat tax crypto est à 31,4% depuis 2026 : 12,8% d’impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux. C’est la même taxe que pour les actions. L’option pour le barème progressif reste possible si ta tranche est basse.
Tu n’es imposé que quand tu sors du jeu : la vente contre des euros (ou l’achat d’un bien ou d’un service en crypto) déclenche l’impôt sur la plus-value. Un échange crypto contre crypto n’est pas un événement imposable. C’est là que les stablecoins prennent toutes leur importance.
Le petit seuil d’exonération n’existe plus : l’ancienne franchise sur les cessions a été supprimée depuis 2023. Premier euro de plus-value, premier euro imposé.
Les moins-values d’une année compensent les plus-values de la même année uniquement. Pas de report sur l’an prochain, contrairement au compte-titres (PEA & CTO).
Les comptes ouverts sur des plateformes étrangères doivent être déclarés, même vides. L’oubli coûte une amende par compte et par an.
En pratique : garde un export de tes transactions dès le premier achat. Le calcul de la plus-value crypto (prix moyen pondéré de tout ton portefeuille) est pénible à reconstituer 3 ans après.
Le droit de ne pas jouer : ta stratégie d'investissement et ton plan d'action
Détail que tout le monde oublie dans Squid Game : à la fin de la première épreuve, les joueurs votent et rentrent chez eux. Le jeu est optionnel. Ils reviennent parce que leur vie dehors est insupportable, pas parce que le jeu est bon.
Ton plan, selon ton niveau :
Niveau débutant : ne touche à rien et fais le test du matelas. Épargne de précaution en place ? Cœur de portefeuille diversifié en route ? Si l’une des deux réponses est non, ta priorité est là. La crypto attendra. Elle ne va nulle part. Il y a des opportunités aujourd’hui, il y en aura tout autant demain.
Niveau intermédiaire : si les fondations sont en place et que tu veux jouer, écris ta règle avant d’acheter, noir sur blanc : Je mets X € maximum (moins de 5% de mon patrimoine investi), en DCA de Y € par mois, sur Bitcoin ou Ethereum uniquement et je ne vends pas avant Z années.
Relis-la à chaque envie de succomber d’une opportunité toute brillante.Niveau expert : va au bout de la logique. Sécurise (portefeuille physique, double authentification partout), passe chaque projet au détecteur en deux étages, note tes comptes étrangers pour la déclaration, exporte tes transactions une fois par an et rééquilibre. Si la crypto dépasse ton plafond d’allocation après une hausse, écrème l’excédent vers le cœur du portefeuille. C’est le seul moment où vendre est une règle, pas une émotion.
Et si, après tout ça, ta décision est de ne pas jouer du tout : c’est un vote parfaitement valide. Contrairement aux joueurs de la série, ta vie dehors est très bien. Un patrimoine peut atteindre tous ses objectifs avec zéro crypto dedans. Aucun ne survit à des mises non maîtrisées.
Le Front Man dirait que le jeu est égalitaire, parce que tout le monde a les mêmes règles. C’est le même mensonge qu’au premier jour. La vraie égalité n’existe pas quand la maison écrit les règles et s’assoit de l’autre côté de la vitre.
Ton seul avantage, ce n’est pas de deviner le prochain gagnant. C’est de connaître le jeu assez bien pour choisir ta mise, ou pour rester assis.
Maintenant, tu le connais.
J’espère que cette newsletter t’a plu et qu’elle t’a donné une bonne perspective du monde des crypto.
À dimanche prochain !
Merci 🫶🏼 de m’avoir lu une nouvelle fois.
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Hasta luego amigo !

