Pendant 8 ans, l’héritage de ma grand-mère a dormi sur une assurance-vie ouverte à la banque. Je venais d’avoir 15 ans quand on l’a placé, j’en avais 23 quand mon père m’a demandé ce que je voulais en faire. Ma réponse honnête, ce jour-là : aucune idée. Je ne connaissais même pas le montant.
J’ai raconté cette histoire au mois de juillet, et je l’ai racontée sous l’angle de l’argent qui dort. Ce que je n’avais pas dit, c’est l’autre moitié de l’affaire.
Pendant ces 8 années, ce contrat ne s’est pas contenté de ne rien rapporter. Il a été facturé. Chaque année, proprement, légalement, par plusieurs personnes à la fois. Personne ne me l’a jamais expliqué, et pour une raison très simple : personne n’avait intérêt à le faire.
Alors aujourd’hui, on compte les couches avec l’un des meilleurs films d’animation jamais créé, Shrek.
“Les ogres, c’est comme les oignons.” dit Shrek
”Ils puent ?” rétorque l’âne
”Non ! Les couches. Les oignons ont des couches. Les ogres ont des couches.”
Tu te souviens de la tête de l’Âne à ce moment-là. Il n’a aucune envie d’entendre parler de couches alors il propose autre chose : “Les gâteaux ont des couches aussi ! Tout le monde aime les gâteaux !”
Garde cette scène en tête, parce que c’est exactement ce qui se passe quand tu ouvres une assurance-vie.
Ton conseiller te vend un gâteau. Une part, un prix, un chiffre rond posé sur la table : 0,80% de frais de gestion. C’est appétissant, c’est simple, ça se retient.
Ce que tu achètes, c’est en réalité un oignon. 5 couches empilées les unes sur les autres, dont une seule t’a été montrée.
Et quand tu finis par ouvrir, ça pue et ça pique.
Si tu ne retiens qu’une phrase aujourd’hui : le chiffre qu’on t’affiche n’est pas le prix que tu paies, c’est la seule couche qu’on avait envie de te montrer.
Le plan du jour
Les frais annoncés de ton assurance-vie ne sont pas ceux que tu paies
Les cinq couches de frais de ton assurance-vie
Fonds euros, ETF, SCPI : les frais changent selon ce que tu mets dedans
Le vrai coût des frais sur 20 ans : jusqu'à 81 000 € d'écart
Le biais d’autorité : pourquoi tu ne vérifies pas tes frais
Comment connaître les frais réels de ton assurance-vie
Changer d’assurance-vie sans perdre ses avantages fiscaux
1. Les frais annoncés de ton assurance-vie ne sont pas ceux que tu paies
Quand Shrek arrive à Duloc, tout est propre. Les haies sont taillées au millimètre, les tourniquets fonctionnent, et une bande de marionnettes t’accueille en chantant que tout va bien se passer.
C’est une plaquette commerciale parfaite.
Ton DIC, le document d’information clé que l’on te tend à la souscription, joue le même rôle.
Il est réglementaire, il est honnête dans ce qu’il dit, et il est parfaitement inutile pour répondre à la seule question qui compte : combien ça me coûte, tout compris ?
Parce que le DIC parle du fonds. Il ne parle pas du contrat qui contient le fonds, ni de ce que l’assureur prélève au passage, ni de ce que la société de gestion se sert en interne.
Et puis il y a le miroir magique qui présente 3 princesses à Lord Farquaad.
Trois options, une sélection déjà faite et surtout aucune possibilité de demander ce qu’il y a derrière la porte numéro quatre.
C’est le profil de gestion qu’on te propose en agence.
Prudent, équilibré, dynamique.
Trois cases, un stylo, signe ici.
Personne ne t’a menti.
Personne ne t’a tout dit non plus.
Et Farquaad dans tout ça ? Il organise un tournoi pour que quelqu’un d’autre aille affronter le dragon à sa place, pendant qu’il reste au chaud dans son château. C’est un distributeur.
Il ne gère pas ton argent, il ne prend aucun risque. Par contre, il touche une rétrocession sur chaque année quand ton argent reste chez lui pour avoir organiser tout ça.
Ça n’en fait pas un escroc. Ça en fait quelqu’un dont les intérêts ne sont pas les tiens.
Nuance importante, on y revient juste après.
2. Les cinq couches de frais de ton assurance-vie
Voilà la partie que personne ne te déroule jamais en entier.
Prends dix secondes pour aller chercher ton contrat, on va compter ensemble.
Couche 1 : les frais du fonds.
C’est le chiffre du DIC. Attention, ce n’est pas celui qu’on t’a annoncé en rendez-vous : le DIC parle du fonds, ton conseiller, lui, t’a cité les frais du contrat.
Deux chiffres différents et on ne t’a jamais dit qu’ils s’additionnaient.
En moyenne de marché, les fonds logés en assurance-vie prélèvent 1,60% par an. Un fonds actions classique monte à 1,72%. Un ETF indiciel descend à 0,33%.
Retiens cet écart, il va tout décider.
Couche 2 : les frais de gestion du contrat.
Voilà le chiffre rond du début, ton 0,80%. L’assureur prélève sa propre couche, en plus, sur la même somme. Moyenne de marché sur la part en unités de compte : 0,88% par an. Tu paies donc le gérant qui détient les actions, et l’assureur qui détient la boîte dans laquelle le gérant travaille.
Deux loyers pour un seul appartement.
Couche 3 : les frais d’entrée.
0% chez les contrats en ligne.
Jusqu’à 3 à 5% en agence bancaire.
Sur 10 000 € versés à 5%, ça veut dire que 500 € partent avant même que ton argent ait vu la couleur d’un marché.
Ils sont négociables. Ils ne sont presque jamais négociés, parce que personne ne t’a dit qu’ils l’étaient.
Couche 4 : les frais d’arbitrage.
Chaque fois que tu déplaces ton argent d’un support à l’autre, il y a un péage.
0% en ligne, jusqu’à 1% en banque. Certains contrats annoncent des arbitrages gratuits, puis précisent en bas de page “dans la limite de deux par an”.
Couche 5 : les commissions de mouvement.
Celle-là, tu ne la verras nulle part. Ce sont les frais que le fonds se prélève quand il achète et vend des titres à l’intérieur de son portefeuille.
Entre 0,10 et 0,30% par an et selon les modes de calcul réglementaires, elles ne remontent pas toujours dans le chiffre affiché.
Fais l’addition sur un contrat bancaire tout ce qu’il y a de plus banal, avec un fonds actions maison. Trois couches se paient tous les ans, sur tout ton argent :
Couche 1, les frais du fonds : 1,72%
Couche 2, les frais du contrat : 0,88%
Couche 5, les commissions de mouvement : 0,15%
Total : 2,75% par an.
Les deux autres se paient au coup par coup, en plus :
Couche 3, les frais d’entrée : 3% de chaque versement
Couche 4, les frais d’arbitrage : jusqu’à 1% chaque fois que tu changes de support
La première année, en ajoutant les 3% de frais d’entrée, tu arrives à près de 6% de ponction. Sur un placement dont l’espérance de rendement long terme tourne autour de 7% brut.
Le contrat est aussi moche que Shrek alors que tu, tu t’attendais à rencontrer ton prince charmant.
En pratique : ne cherche pas ton vrai coût dans le document qu’on t’a remis à la signature, il n’affiche que les frais du fonds. Le total de ce que tu as payé, toutes couches comprises, figure sur le relevé que ton assureur t’envoie chaque année. Je te montre comment le lire plus bas.
3. Fonds euros, ETF, SCPI : les frais changent selon ce que tu mets dedans
Jusqu’ici, j’ai parlé de ton assurance-vie comme d’un seul bloc. Ce n’en est pas un. Une assurance-vie, c’est une boîte, et tes frais dépendent de ce que tu mets dans la boîte.
Il y a deux grandes familles.
Le fonds euros : une seule couche, et tu ne la vois jamais.
C’est la partie garantie de ton contrat. L’assureur y prélève ses frais de gestion, entre 0,50 et 1% par an, mais le taux qu’on t’annonce est déjà calculé après ces frais. Les 2,65% servis en moyenne en 2025 étaient nets de frais de gestion. Sur le fonds euros, ne compare donc pas les frais : compare le taux net servi, année après année.
Les unités de compte : deux couches minimum, et la deuxième dépend du support.
Sur la partie en unités de compte, tu paies toujours les frais du contrat, autour de 0,50% sur un bon contrat en ligne et de 1% en banque. Et tu paies en plus les frais du support que tu as choisi. C’est là que tout se joue :
ETF : entre 0,10 et 0,50% par an, 0,33% en moyenne. Un bon ETF reste sous 0,30%.
Fonds actifs, les « fonds maison » : entre 1,50 et 2,50% par an, 1,72% en moyenne pour un fonds actions. Au-delà de 1,50%, c’est cher.
SCPI et immobilier : les frais de gestion de la SCPI, 8 à 12% des loyers, sont déjà déduits du rendement affiché. Ce qu’il faut regarder, ce sont les frais d’entrée, souvent réduits en assurance-vie et parfois nuls, et la part des loyers que l’assureur te reverse : 100% sur les bons contrats, 85 à 95% ailleurs.
Produits structurés : presque tous les frais se paient d’un coup, à l’entrée. 5,83% en moyenne, et jusqu’à 13%, selon l’étude publiée par l’ACPR et l’AMF en juin 2026. Tu ne les verras sur aucune ligne de ton relevé.
Private equity, le non coté : jusqu’à 3,34% de frais récurrents par an sur certains contrats grand public, sans compter des droits d’entrée qui peuvent approcher 4%.
Et si tu as choisi la gestion pilotée, ajoute 0,30 à 0,50% par an pour le gérant qui décide à ta place.
Au global, ton vrai coût, c’est la moyenne de tout ça, pondérée par ce que tu as mis dans chaque case. Deux exemples :
Contrat en ligne, 30% en fonds euros et 70% en ETF : environ 0,70% par an.
Contrat bancaire, 50% en fonds euros et 50% en fonds maison, en gestion pilotée : environ 2% par an.
Même enveloppe, même fiscalité, presque trois fois plus de frais. La différence ne vient pas de l’assurance-vie, elle vient de ce qu’on a mis dedans.
4. Le vrai coût des frais sur 20 ans : jusqu’à 81 000 € d’écart
Les pourcentages, c’est abstrait. Zéro virgule quelque chose, ça ressemble à rien.
Alors mettons des euros dessus.
Tu places 100 000 € en une fois avec 70% en unités de compte actions et 30% sur le fonds euros. Les unités de compte rapportent 6% brut par an, le fonds euros 3,30% avant frais de gestion. Ces chiffres correspondent aux moyennes du marché.
Tu n’y touches pas pendant 20 ans. Sans aucun frais, tu finirais avec 282 000 €.
Maintenant, on ajoute toutes les couches : les frais d’entrée, les frais du contrat, ceux des supports, la gestion pilotée si tu en as une, et le coût des mouvements. Trois contrats, trois résultats :
Le meilleur cas : 244 000 €. Contrat en ligne en gestion libre, la partie actions en ETF.
Pas de frais d’entrée.
Sur les ETF : 0,50% pour le contrat, 0,20% pour les ETF, 0,10% de coût des mouvements.
Sur le fonds euros : 0,60% de frais.
Au total, environ 0,75% par an. Si tu préfères la gestion pilotée en ligne, compte environ 0,25% de plus sur la partie ETF.
Le cas moyen : 185 000 €. Gestion pilotée classique, la partie actions en fonds.
2% de frais d’entrée.
Sur les fonds : 2,40% par an pour le contrat, le pilotage et les fonds, plus 0,15% de coût des mouvements.
Sur le fonds euros : 0,66% de frais, la moyenne du marché.
Au total, environ 2% par an.
Le pire, si tu ne fais pas attention : 163 000 €. Contrat bancaire en gestion pilotée, la partie actions en fonds maison.
5% de frais d’entrée.
Sur les fonds maison : 2,80% par an, plus 0,30% de coût des mouvements.
Sur le fonds euros : 1% de frais. Au total, environ 2,50% par an.
Entre le meilleur et le pire, 81 000 € d’écart. Même placement, même marché, sans qu’un seul krach soit passé par là ni que tu aies fait la moindre erreur de stratégie. Dans le pire des cas, les frais t’ont pris plus de 40% de ce que le marché avait produit.
Et garde un repère en tête : au-dessus de 1,60% de frais par an, ton contrat commence à être mauvais.
Tu vas me dire que le pire cas, c’est une caricature.
Non. Chaque chiffre vient des moyennes et des fourchettes publiées par la profession elle-même.
Ce qui me met vraiment en colère, ce n’est pas le montant. C’est que tout ça est parfaitement légal, parfaitement documenté, et parfaitement invisible pour la personne qui paie.
Alors je vais le dire clairement, parce que c’est une conviction et pas une observation neutre : le mur opaque de la finance n’est pas un accident, il est entretenu en partie exprès par les professionnels, parce que c’est leur fonds de commerce.
Personne n’a besoin de te mentir. Il suffit de ne jamais faire l’addition devant toi. Un chiffre par interlocuteur, un document par couche, et le total n’apparaît nulle part. Tant que tu ne comptes pas tes couches, quelqu’un d’autre les compte pour toi.
Et si tu te dis que ton conseiller est sympa et qu’il ne ferait pas ça : je te crois. Le mien aussi était sympa. Ce n’est pas une question de personne, c’est une question de qui paie qui.
5. Le biais d’autorité : pourquoi tu ne vérifies pas tes frais
Quand j’ai raconté cette histoire cet été, j’ai écrit une phrase sans y penser : personne ne savait ce que contenait ce contrat, sauf mon banquier.
Relis-la. Elle est absurde. Comment est-ce que la seule personne au courant de ce que me coûtait mon argent pouvait être celle qui l’encaissait ?
Ça s’appelle le biais d’autorité. Face à quelqu’un qui porte les signes de la compétence, ton cerveau arrête de vérifier. Le costume, l’agence, le vocabulaire, les vingt ans de métier : autant de raisons de déléguer ton jugement à quelqu’un d’autre.
Dans Shrek, tout Duloc fonctionne là-dessus.
Farquaad est le seigneur donc il a raison.
Le miroir magique est magique donc sa sélection est la bonne.
Personne dans ce royaume ne demande jamais qui a écrit la liste des trois princesses, ni pourquoi elle en compte trois.
Le mécanisme est vicieux parce qu’il ne se déclenche pas contre toi, il se déclenche pour t’économiser un effort. Comprendre 5 couches de frais, c’est du travail. Faire confiance, c’est gratuit. Ton cerveau prend l’option gratuite et appelle ça du bon sens.
Et il y a une aggravation propre à la finance : ton interlocuteur est à la fois celui qui t’explique le produit et celui qui est payé quand tu le signes. Ce n’est pas le cas de ton médecin, ce n’est pas le cas de ton garagiste, enfin pas à ce point. En finance, le prof touche une commission sur l’examen.
3 façons de désarmer le biais :
Sépare la compétence de l’intérêt.
La question n’est pas “est-ce qu’il s’y connaît”. Il s’y connaît, probablement mieux que toi. La question est “comment il est payé”. Pose-la, calmement, à voix haute. La réponse, ou la gêne, t’apprend tout.Demande le total, jamais le taux.
Ne demande plus “c’est quoi vos frais de gestion”. Demande “quel montant total en euros a été prélevé sur mon contrat l’an dernier”. Un taux se découpe entre plusieurs interlocuteurs, un montant en euros ne se découpe pas.Cherche le chiffre à la source, pas dans la bouche de quelqu’un.
Le tableau de la section suivante est publié en ligne, en accès libre, sans que tu aies à demander la permission à personne. Une donnée que tu peux vérifier seul vaut mieux que la même donnée récitée par un expert.
Tu remarqueras que ces 3 réflexes ne consistent jamais à devenir méfiant. Ils consistent à redevenir le vérificateur de ton propre argent.
6. Comment connaître les frais réels de ton assurance-vie
Bonne nouvelle, et elle est vraiment bonne : tu n’as plus besoin de supplier qui que ce soit.
Depuis l’arrêté du 24 février 2022, entré en vigueur le 1er juillet 2022, ton assureur a l’obligation de publier sur son site internet un tableau standardisé, support par support, avec le code ISIN, les frais de gestion de l’actif, les frais de gestion du contrat, la somme des deux exprimée en pourcentage, et le taux de rétrocession de commissions.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. Le taux de rétrocession, c’est la part des frais du fonds qui revient dans la poche de celui qui t’a vendu le contrat. C’est écrit noir sur blanc, en ligne, en accès libre. C’est la réponse à la question que tu n’as jamais osé poser : qui gagne quoi sur mon dos.
Et depuis le 1er janvier 2023, la même obligation s’applique à l’information annuelle que tu reçois.
Ta mission cette semaine, en trois gestes :
Va chercher ton relevé annuel. Celui que tu reçois en début d’année et que tu classes sans l’ouvrir. Cherche la ligne des frais prélevés, en euros.
Fais le calcul. Frais totaux prélevés l’an dernier, divisés par l’encours moyen de ton contrat sur l’année, multipliés par cent. Tu obtiens ton vrai coût annuel. Pas celui du DIC, le tien.
Compare à trois repères. Un ETF logé sur un PEA revient autour de 0,15% tout compris. Un bon contrat en ligne tient sous 0,60% de frais de contrat sur les unités de compte, avec des ETF à 0,33%. Au-delà de 2%, tu finances quelqu’un d’autre.
Et si on te répond que ce tableau n’existe pas, ou que c’est compliqué à sortir : pas de panique. Redemande par écrit, en citant l’arrêté. Ils ont une obligation légale de te le fournir. Tu verras que ça se débloque.
7. Changer d’assurance-vie sans perdre ses avantages fiscaux
Là, tu viens peut-être de calculer 2,4% et tu as une furieuse envie de tout fermer.
Attends. C’est le moment Fiona. On va voir s’il vaut mieux que la princesse soit humaine ou ogresse.
Le contrat que tu as sous les yeux a peut-être une qualité que le beau contrat en ligne n’aura pas avant 8 ans : son antériorité fiscale.
Passé 8 ans, tu bénéficies chaque année d’un abattement de 4 600 € sur les gains retirés, 9 200 € pour un couple et d’un taux d’imposition à 7,5% au lieu de 12,8% sous 150 000 € de primes versées.
Bonne nouvelle au passage, la hausse des prélèvements sociaux de la LFSS 2026 a épargné l’assurance-vie : tu restes à 17,2%, quand le PEA est passé à 18,6%.
Cette ancienneté, elle ne se transfère pas. Si tu clôtures pour aller ailleurs, ce n’est pas un transfert, c’est un rachat suivi d’une nouvelle souscription. Le compteur repart à zéro, et tu paies l’impôt sur tes gains au passage.
Un seul cas permet de garder l’antériorité : rester chez le même assureur et basculer vers un autre de ses contrats, au titre de la loi Pacte. C’est inscrit à l’article 125-0 A du code général des impôts.
En pratique, l’assureur traîne souvent des pieds mais c’est ton droit et ça vaut le courrier.
Donc, dans l’ordre :
Contrat récent et cher : tu arrêtes de l’alimenter, tu ouvres mieux ailleurs, tu arbitres à froid.
Contrat ancien et cher : tu le laisses vivre pour son antériorité, tu demandes le transfert loi Pacte chez le même assureur et tes nouveaux versements partent ailleurs.
Dans tous les cas : à l’intérieur du contrat, tu regardes s’il propose des ETF. Passer d’un fonds maison à 1,72% à un ETF à 0,33% te fait gagner presque un point et demi par an, sans rien fermer du tout.
On ne brûle pas le château. On arrête juste de payer le péage deux fois.
Ce que tu dois retenir
Shrek passe le film à répéter qu’on le juge sur son apparence. Ton contrat, c’est l’inverse : on te vend l’apparence et personne ne regarde ce qu’il y a dessous.
Les frais sont la seule variable de ton investissement que tu contrôles à 100%. Tu ne choisis pas le rendement des marchés, tu ne choisis pas le prochain krach, tu ne choisis pas l’inflation. Tu choisis ce que tu paies pour y participer.
Et c’est précisément pour ça que la question n’est jamais posée clairement.
Je reviens à mes 23 ans une seconde. Ce qui m’a coûté cher, ce n’est pas d’avoir mal répondu à mon père. C’est de n’avoir eu aucune réponse du tout. La pire réponse, ce n’est jamais la mauvaise réponse, c’est l’absence de réponse.
Un contrat cher que tu as choisi en connaissance de cause reste un choix. Un contrat cher que tu n’as jamais regardé, c’est 8 ans de facture signée par quelqu’un d’autre.
Mon boulot ici, ce n’est pas de te dire quel contrat prendre. C’est de te rendre capable de sortir le chiffre toi-même pour que tu n’aies plus jamais besoin de me croire sur parole.
Alors cette semaine : ouvre l’oignon. Sors ton relevé, fais la division, note le chiffre quelque part. Même si ça pique.
Surtout si ça pique.
P.S. Tu connais quelqu’un qui a ouvert son assurance-vie au guichet de sa banque ? Transfère-lui ce mail. Cette personne paie sans doute ses couches depuis des années, sans le savoir.
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Le simulateur d’intérêts composés de Tuki Academy est gratuit et sans compte. Entre ton capital et ta durée, puis lance-le deux fois : avec 6% moins tes frais réels (3,25% si tu paies 2,75%), puis avec 5,70%, le repère à 0,30% de frais. L’écart entre les deux résultats, c’est le prix de ton oignon.
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